
Une de mes rares illustrations à l’encre de Chine, d’ailleurs je ne me souviens plus à quand celle-ci remonte. Pour ce dessin, je me suis attaché à reproduire avec le plus de précision possible l’illustration qui m’a servie de modèle.
Comme d’hab’, les esquisses au crayon en premier, étape la plus fastidieuse mais obligatoire ; reproduire les moindres ombres demande un travail extrêmement long car il devient très facile de se tromper dans les proportions, j’en ai d’ailleurs fait les frais : j’avais déjà bien avancé lorsque je me suis rendu compte que le personnage serait au final bien trop grand par rapport aux dimensions de la feuille que j’utilisais. Du coup, ça m’a obligé à tout reprendre à zéro et j’ai mis plusieurs mois avant de m’y remettre. La suite est de fait beaucoup plus « facile » que cette première étape puisqu’il ne reste plus qu’à tout repasser à l’encre de Chine, avant de gommer les dernières traces de crayon.
Comme on peut le lire, ce dessin est tiré de la saga de comics « Sin City », par Frank Miller, passé maître dans le travail des ombres. L’(anti)héros du premier tome, Marv, qu’on peut donc voir ici, est initialement un loser comme on en compte des centaines voire des milliers à Sin City. Nombreux séjours en prison -- il y serait encore si son avocat(sorte de femme fatale lesbienne, au passage) ne parvenait à l’en tirer à chaque fois -- soirées entières passées à baver devant les strip-teaseuses du bar de la ville jusqu’à ce qu’une baston éclate, Marv n’a jamais eu de but dans la vie. Jusqu’au jour où il croise le chemin d’une prostituée qu’il n’aurait eu jamais les moyens de s’ »offrir » -- sans parler de sa tronche plutôt ravagée qui l’aurait de toute manière effrayée bien avant qu’il ne l’aborde. Une nuit passée avec elle et il la retrouve morte le lendemain, assassinée. Tombée raide dingue d’elle, il se lance à la poursuite de cet assassin, ce qui l’amènera à se frotter au « parrain » de la ville, une sorte de religieux dégénéré…
Dit comme ça, l’histoire semble voler très bas -- c’est peut-être le cas -- mais toujours est-il qu’elle se laisse bien suivre. La série relate à chaque tome l’histoire de plusieurs des nombreux personnage que l’on croise dans cette ville du pêché : losers en tout genre, flics pourris corrompus jusqu’à la moelle, femmes fatales ou encore psychopathes, on touche le glauque au plus près, avec un humour noir très présent. Dessins somptueux et dialogues tout aussi savoureux, avec son lot de répliques cultes, les « Sin City » ont même eu le droit à une très bonne adaptation au cinéma. Un casting qui poutre : Bruce Willis, Mickey Rourke, Benicio Del Toro, Clive Owen, Jessica Alba etc. , sans oublier Quentin Tarantino et Frank Miller himself qui ont participé à la réalisation, le film est à l’image des comics, sombre mais déjanté, avec son humour noir à souhait, et bourrain.